Réseau régional
Troubles du langage et déficits d'apprentissage

Mars 2006 : formation et interdisciplinarité

En cette première semaine de printemps 2006, Résodys continue son action dans les deux principales directions qui lui ont été tracées depuis le début de son existence : former les acteurs de la prise en charge des enfants en difficultés d’apprentissage et renforcer la communication entre ces acteurs. Vendredi 31 mars, au CHU Timone, aura lieu la réunion thématique annuelle inscrite au programme du Diplôme d’Université co-organisé par Résodys et la Faculté de Médecine, réunion qui a obtenu un franc succès, l’année dernière, pour sa première édition consacrée à l’hyperactivité . Cette année le thème choisi est celui de la dyscalculie et de l’acquisition des aptitudes mathématiques chez l’enfant, thème à la fois passionnant, de par son importance au sein des troubles d’apprentissage, et préoccupant, en raison de l’étendue des incertitudes qui règnent en ce domaine. En effet, alors que le thème de la dyslexie et des troubles du langage a fait l’objet ces dernières années de remarquables et significatives avancées, tant théoriques que pratiques, celui de la dyscalculie est resté dans le même temps, il faut bien le reconnaître, particulièrement peu exploré, de telle sorte que l’attitude des cliniciens comme des enseignants face aux troubles spécifiques du calcul est souvent empreinte d’empirisme, ou alors de résignation voire de déni ! Certes, en particulier lors des toutes premières années d’apprentissage, le langage oral et écrit, est incontestablement et à juste titre au premier plan des préoccupations, mais l’enfant dyslexique aurait également dans près de 40% des troubles du calcul surajoutés qui aggravent le pronostic à court et moyen terme. Sans parler des dyscalculies isolées, dont l’incidence est sans doute largement sous-estimée. En fait, il s’avère de plus en plus évident que c’est en connaissant mieux les mécanismes, tant cognitifs que neurologiques, du développement des aptitudes mathématiques chez le jeune enfant que nous pourrons appréhender de manière plus solide leurs troubles dans leur dimension neuropsychologique et leur incidence sur la scolarité. Pour ce faire, Résodys reçoit cette année deux des scientifiques français les plus en vue dans le domaine, Michel Fayol, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand et Pierre Barrouillet, de l’Université de Dijon, qui nous feront part à la fois de leurs travaux récents et de l’état actuel de leur compréhension de ce délicat sujet. L’après-midi sera consacré à la rééducation, avec des communications de deux spécialistes du centre de référence du Pr Mancini, Florence George, orthophoniste, et Valérie Bon, neuropsychologue. Le lendemain, samedi 1er avril, Résodys organise ses 3e assises annuelles avec cette année comme thème les liens entre médecine et éducation, plus précisément : "Troubles d’apprentissage : prise en charge médico-pédagogique, intégration et classes spécifiques", réunion placée sous la présidence d’honneur du recteur Jean-Paul de Gaudemar, de l’Académie d’Aix-Marseille. Le lieu choisi pour cette manifestation, le Collège Roger Carcassonne à Pélissanne, n’est pas le fruit du hasard, puisque c’est dans cet établissement que s’est récemment ouverte la première classe (U.P.I.) pour adolescents dyslexiques de notre Région. Or, dès l’ouverture de cette classe, l’Education Nationale a fait appel à Résodys, en l’occurrence notre groupe Salonnais, pour assurer le suivi médical des enfants admis dans la classe. Cette création fait suite à l’ouverture, également toute récente, de deux classes spécialisées pour enfants dyslexiques au primaire (dites "C.L.I.S. spécifiques"), l’une également à Pélissanne, l’autre à Marseille-Est. Dans les deux cas, Résodys est également impliqué dans la sélection et le suivi des enfants de ces classes. On comprend mieux dès lors le choix de la thématique, celui de l’intégration scolaire des enfants souffrant de trouble sévère d’apprentissage. En effet, alors même que l’intégration en classe ordinaire doit impérativement, de l’avis unanime, être la solution privilégiée pour tous les dyslexiques, une partie d’entre eux ne pourront pas, malgré tous leurs efforts et tous ceux de leur enseignants, s’adapter à la classe : ils connaîtront rapidement échec, marginalisation et isolement et surtout stagnation à la fois dans leurs apprentissages et dans leur épanouissement personnel. Pour ceux-là, diverses solutions sont à l’étude et la réflexion à leur sujet concerne tout à la fois l’Education et la médecine, incluant la médecine scolaire, acteur incontournable de cette réflexion. Tel sera le cadre général de cette réunion où nous connaîtrons la position des responsables de l’Education Nationale et entendrons l’expérience, après quelques mois de fonctionnement, des responsables de chacune des classes récemment crées dans notre département. Une manifestation dont on attend à l’évidence beaucoup, tant à Résodys que du côté de l’Education Nationale. En ce qui nous concerne, l’enjeu est clair : sans des relations fortes et saines avec le monde de l’Education, l’action de Résodys auprès des enfants en difficulté d’apprentissage, aussi parfaitement organisée et techniquement sophistiquée fût-elle, serait tout simplement vouée à l’échec.