Réseau régional
Troubles du langage et déficits d'apprentissage

Résodys et la formation sur les troubles d’apprentissage

En dix ans de fonctionnement, Résodys a développé une compétence actuellement reconnue au niveau régional et national en matière de formation sur les troubles d’apprentissage, et ce grâce à un effort de réflexion, de communication, de présentation, et de synthèse de la part de tous ses formateurs, mais aussi grâce aux qualités d’ouverture d’esprit, de réceptivité et de curiosité scientifique de ceux auxquels ces formations ont été destinées .

En effet, la fonction de formation était l’une des missions majeures qui avaient été initialement confiées à Résodys par nos tutelles, avec comme objectif principal de faire s’approprier par les professionnels de santé du réseau les données récentes de la recherche scientifique sur les troubles dys et les mécanismes cérébraux de l’apprentissage. La première et la plus connue de nos actions est certainement celle menée en collaboration avec le Centre référent du CHU, à la Faculté de Médecine de Marseille, le fameux D.U. (diplôme d’université) délivré après 120 heures de cours magistraux par les meilleurs spécialistes régionaux et nationaux. Malheureusement, si le D.U. a permis de former les professionnels du réseau, il s’est rapidement avéré insuffisant pour faire face à une demande croissante de la part de professionnels d’autres secteurs, en particulier de l’enseignement public et privé qui nous ont sollicités pour mettre en place des actions de formation dans leurs établissements. A vrai dire, nous avons rapidement été débordés, dès les toutes premières années, par l’ampleur de la demande, ce qui nous a amenés à chercher à démultiplier notre action par la désignation de « formateurs Résodys », en général des professionnels libéraux qui avaient obtenu le D.U. sus-cité et avec qui nous avons élaboré une sorte de banque de données, issue du matériel pédagogique du D.U, servant ainsi de référentiels pédagogiques sur le sujet. Par la suite, sur l’impulsion du rectorat d’Aix Marseille, la formule de la « formation de formateurs » a été reprise par l’Education nationale, pour permettre dans un premier temps de répondre à la demande émanant des enseignants du second degré. Résodys participe ainsi à la « team dys », un groupe de formateurs comportant enseignants, psychologues et professionnels de santé ayant mis en commun une ressource documentaire avec comme objectif principal d’assurer l’homogénéité de la matière enseignée, tout en essayant de couvrir le plus largement possible la demande régionale. Les enseignants de primaires restent encore en demande, et nous réfléchissons avec le rectorat sur les moyens d’y répondre.
En filigrane de toutes ces actions, Résodys a affirmé, au cours des années, sa position de structure de référence en matière de contenu scientifique de la diffusion des connaissances sur les troubles dys, à travers une double perspective : d’une part asseoir le caractère fondamentalement neurobiologique de l’origine des troubles dont il est question, en construisant un modèle facilement appropriable par les professionnels de santé comme par les enseignants, et d’autre part s’affirmer comme un véritable organisme de « veille scientifique », c’est-à-dire apte à rendre compte de l’évolution des idées et des connaissances, un aspect capital quand on sait à quel point les données évoluent d’année en année sur le sujet.

L’un des derniers défis que s’est donné Résodys ces dernières années a été de tenter de combler le manque criant de formation des médecins praticiens sur la problématique des troubles d’apprentissage : en effet, très peu de Facultés de Médecine en France ont intégré un enseignement sur ces troubles dans la formation initiale des futurs médecins, et notre région ne fait pas exception (deux heures en tout et pour tout pour sur les 6 années d’études !). Face à cet insupportable paradoxe, où la médecine prétend s’occuper d’une matière qu’elle n’enseigne pas dans ses Facultés, il nous est apparu incontournable de réunir dans un premier temps les médecins généralistes, pédiatres ou autres spécialistes qui tout en étant potentiellement intéressés, ne pouvaient par manque de formation s’occuper valablement d’enfants souffrant de ces troubles. A notre surprise, les demandes ont été nombreuses et nous avons pu , en deux ans, former près de 70 médecins, dont une partie sont devenus « médecins réseau », c’est-à-dire des interlocuteurs valables des familles pour toutes les questions, médicales, scolaires, institutionnelles, ayant trait au parcours de l’enfant dys. Certes, la complexité de la matière et le coût en temps de telles consultations a pu en décourager certains, mais la plupart son devenus en deux ans si ce n’est des experts, du moins des rouages indispensables de ce parcours de soins. Précisons que c’est grâce à une convention avec l’UREMEC, institut de formation des médecins libéraux, et grâce à l’appropriation par nos formateurs d’une méthodologie pédagogique moderne qui avait déjà cours dans les enseignements post-universitaires de médecins praticiens, que nous avons pu mettre en place une modalité à la fois attrayante et efficace de formation de ces praticiens de terrain.

En définitive,c’est certainement à travers ce rôle de formateur que Résodys s’est forgé cette réputation de fiabilité et de validité scientifique qui fait que professionnels, enseignants, parents, mais aussi tous les partenaires institutionnels (ou presque) se tournent vers nous lorsqu’il s’agit de trancher sur une question difficile ou de prendre une décision diagnostique ou thérapeutique délicate.
Notre perspective pour les années à venir est de continuer ces actions de formation auprès de tous les acteurs qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas encore pu en bénéficier, en particulier dans les établissements du secteur médico-social qui commence, avec un retard de plusieurs années sur les autres partenaires, à se montrer intéressé par nos outils et nos modèles. Nous espérons ainsi que dans les toutes prochaines années, toutes les structures de droit commun de notre secteur géographique seront prêtes à intégrer un mode d’appréhension des troubles d’apprentissage, souvent radicalement différent des modèles anciennement pratiqués, de l’apprentissage et de ses troubles, et ce pour le plus grand bénéfice des usagers.