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Troubles du langage et déficits d'apprentissage

L’ouverture de dix places de « SESSAD-Dyslexie » à Marseille : une avancée notable, un enjeu indéniable

Au premier septembre a ouvert à Marseille le dispositif proposé par Résodys : un service de 10 places (dans un premier temps) réservées à des dyslexiques sévères, en majorité bénéficiant déjà d’une scolarité spéciale dans des classes de l’Education nationale (CLIS-Dys et UPI-Dys).
Rappelons que Résodys est associé depuis maintenant deux ans officiellement au fonctionnement de ces classes pilotes, voulues par le Recteur de l’Académie d’Aix-Marseille, Monsieur J.P. de Gaudemar, comme une alternative à la scolarité ordinaire, tout en respectant l’intégration des enfants dans leur établissement d’accueil. Le rôle du SESSAD sera de contribuer à la rééducation et à l’accompagnement de ces enfants, un rôle tout-à-fait complémentaire de celui déjà exercé par les Unités de Bilans, principalement dévolues à la réalisation de bilans pluridisciplinaires. Par là même, Résodys renforce à présent sa vocation de contribuer à la prise en charge des formes les plus sévères de troubles d’apprentissage, génératrices de handicaps lourds (par opposition à l’ensemble des cas moins handicapants qui, heureusement, constituent la grande majorité des enfants souffrant de ces troubles). C’est dire que ces dispositifs (‘classes « dys » et SESSAD-dys) sont réservés à une minorité d’enfants pour lesquels les mesures habituelles, tant au niveau scolaire que de la prise en charge thérapeutique, s’avèrent clairement insuffisantes, ne procurant pas les effets escomptés.
Ainsi, par l’ouverture de ces places de SESSAD, et par conséquent la création d’une équipe spécialisée dans la prise en charge globale de ce handicap très spécifique, les autorités de santé ont marqué clairement leur volonté de confier, certes de manière encore expérimentale, à nos professionnels la difficile tâche d’aider des enfants lourdement handicapés à mener une vie scolaire et familiale la plus normale possible, tout en mettant en œuvre les moyens rééducatifs les plus en adéquation avec les connaissances scientifiques du moment. C’est ce nouveau défi, de s’attaquer à la fois à l’incapacité en tant que frein à l’intégration sociale et au déficit en tant que cause organique de cette incapacité, que l’équipe va devoir relever, en harmonie avec les grands principes qui ont animé jusqu’ici l’action de Résodys. Pour ce faire, nous avons recruté, par l’entremise d’un comité de pilotage créé à cet effet, une équipe jeune et motivée qui a déjà montré au cours de ces premiers jours de fonctionnement, une grande maturité et un esprit de collaboration très prometteurs pour la suite des événements.
La suite va se présenter très vite puisque, d’ici quelques jours, les enfants pressentis pour bénéficier du dispositif vont être notifiés par la MDPH (plus précisément par la commission départementale de l’autonomie des personnes handicapées), ce qui va déclencher de facto une procédure pré-établie incluant la rédaction d’un « projet individuel de rééducation et d’accompagnement (PIRA) » définissant la trame des actions à mener en trois rubriques :rééducative, éducative et pédagogique.
L’équipe comporte, outre le médecin directeur, neurologue, et la secrétaire comptable, déjà impliqués dans le fonctionnement de Résodys, un éducateur spécialisé, un psychomotricien, un orthophoniste, un neuropsychologue et un psychologue clinicien. Tous ont hâte de passer à l’action et de démontrer qu’il n’est pas illusoire, mais au contraire hautement souhaitable, de conjuguer pertinence scientifique et action sur le terrain.