En cette fin d’année, après un été studieux consacré à la rédaction de
projets de financements et une rentrée essentiellement tournée vers la
préparation de " l’après FAQSV", Résodys se concentre à présent sur
l’évaluation à mi-parcours des actions menées.
En revoyant ce qui a été fait, à travers les évaluations qui nous sont
demandées par les organismes subventionneurs, il apparaît que le chemin
parcouru est déjà considérable. Entre la situation il y a à peine un
an, et aujourd’hui, les choses ont bien évolué : les pôles ont été
installés, les coordinateurs de chaque pôle ont assis le cadre de leur
action et défini leurs priorités, et surtout fait connaître leur
existence au point qu’en un an, on peut dire que dans chacune des
régions couvertes, il n’y a plus une seule personne directement
concernée par les problèmes de troubles d’apprentissage qui ne
connaisse l’existence de Résodys, même si on ne sait pas encore
toujours bien ce qu’on peut en attendre. De fait, on a tellement
l’impression que Résodys est installé dans le panorama des acteurs du
domaine médico-scolaire, qu’on en oublierait que sa mission, pour le
moment, est ’seulement’ de mettre en place les pôles et d’organiser les
moyens de la formation des professionnels qui y adhèrent. C’est déjà
beaucoup, et on peut tout à fait à juste titre considérer que le
recensement des acteurs, la mise à leur disposition d’une information
structurée et le fait d’avoir favorisé de meilleurs échanges intra- et
interprofessionnels représente déjà une avancée, assez largement
reconnue, du reste.
De même, la création du Diplôme d’Université sur
les troubles d’apprentissage, et l’indéniable succès que celui-ci a
rencontré auprès de tous les praticiens, en particulier libéraux, est
un témoin supplémentaire de l’ambiance consensuelle dans laquelle ce
réseau s’est mis en place.
Mais dans l’esprit des concepteurs de la
notion de réseau ville-hôpital, le réseau ne peut se limiter à une
fonction d’organisation et de formation, il doit accompagner ses
membres dans une recherche d’amélioration de qualité des soins auprès
du patient lui-même. Pour ce faire, Résodys se devait d’insérer dans
son programme " post-FAQSV " un versant diagnostique, tant il est vrai
qu’avant même toute discussion sur les méthodes thérapeutiques, c’est
sur les moyens d’évaluation des troubles qu’il reste à gagner en
efficacité et en homogénéité des pratiques. L’accueil qui sera fait à
nos propositions dans ce sens nous dira bientôt si cette vision des
choses est partagée par les tutelles administratives. Mais le plus
important est certainement de savoir si elle est partagée par les
praticiens de terrain eux-mêmes.
L’enjeu étant à terme d’offrir une
véritable alternative à une prise en charge hospitalière des cas les
plus sévères. Sachez qu’il y a environ dans notre région, selon les
estimations actuelles, 3000 enfants sévèrement dyslexiques (ou avec
d’autres troubles spécifiques d’apprentissage) dont la gravité du
trouble nécessite un regard multidisciplinaire qui, jusqu’à présent, ne
pouvait être réalisé que dans de rares endroits comme les services
spécialisés du CHU. Ces enfants ne peuvent en effet être cadrés
convenablement que si le bilan de l’orthophoniste est complété par un
bilan neurospychologique, une évaluation du QI, un bilan psychomoteur
complet, un bilan orthoptiste, parfois un avis neurologique ou un
examen complémentaire du cerveau, et souvent un avis sur leur
personnalité et la nature de leur souffrance affective. Evidemment,
tout cela pourrait en théorie être fait en ville par des praticiens
libéraux.
Mais, hormis le fait que certains de ces actes sont coûteux,
la principale difficulté pour les familles était de trouver les
praticiens compétents, ce qui demande déjà une implication telle que
seules les plus aisées peuvent y avoir accès. Cette inégalité devant
les soins n’est pas tolérable. C’est pourquoi nous avons proposé à
l’URCAM et à l’ARH un projet de prise en charge globale des bilans pour
ces cas très sévères, ne représentant, encore une fois, qu’une
minorité des dyslexiques, mais qui, jusqu’ici, étaient laissés pour
compte, malgré toute la bonne volonté de leur orthophoniste souvent
dépassée par la complexité du cas. Cette enveloppe financière
comprendrait la prise en charge des actes de psychomotricité et de
psychologie, l’organisation de centres de bilans avec un secrétariat,
un dossier type, le financement des réunions de synthèse et surtout un
système de filtrage des cas passant essentiellement par l’information
des praticiens libéraux. La réponse mi-décembre : d’ici là, les réunions
vont bon train, les discussions aussi, car chacun exprime ses craintes
légitimes face à une réalisation expérimentale qui n’a pas d’équivalent
ailleurs en France. Du reste, les collègues des autres villes attendent
avec impatience de pouvoir bénéficier de notre expérience. Espérons
qu’ils ne seront pas déçus !
M.H.


