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L’évaluation à mi-parcours des actions menées (décembre 2003)

 

En cette fin d’année, après un été studieux consacré à la rédaction de projets de financements et une rentrée essentiellement tournée vers la préparation de " l’après FAQSV", Résodys se concentre à présent sur l’évaluation à mi-parcours des actions menées.
En revoyant ce qui a été fait, à travers les évaluations qui nous sont demandées par les organismes subventionneurs, il apparaît que le chemin parcouru est déjà considérable. Entre la situation il y a à peine un an, et aujourd’hui, les choses ont bien évolué : les pôles ont été installés, les coordinateurs de chaque pôle ont assis le cadre de leur action et défini leurs priorités, et surtout fait connaître leur existence au point qu’en un an, on peut dire que dans chacune des régions couvertes, il n’y a plus une seule personne directement concernée par les problèmes de troubles d’apprentissage qui ne connaisse l’existence de Résodys, même si on ne sait pas encore toujours bien ce qu’on peut en attendre. De fait, on a tellement l’impression que Résodys est installé dans le panorama des acteurs du domaine médico-scolaire, qu’on en oublierait que sa mission, pour le moment, est ’seulement’ de mettre en place les pôles et d’organiser les moyens de la formation des professionnels qui y adhèrent. C’est déjà beaucoup, et on peut tout à fait à juste titre considérer que le recensement des acteurs, la mise à leur disposition d’une information structurée et le fait d’avoir favorisé de meilleurs échanges intra- et interprofessionnels représente déjà une avancée, assez largement reconnue, du reste.
De même, la création du Diplôme d’Université sur les troubles d’apprentissage, et l’indéniable succès que celui-ci a rencontré auprès de tous les praticiens, en particulier libéraux, est un témoin supplémentaire de l’ambiance consensuelle dans laquelle ce réseau s’est mis en place.
Mais dans l’esprit des concepteurs de la notion de réseau ville-hôpital, le réseau ne peut se limiter à une fonction d’organisation et de formation, il doit accompagner ses membres dans une recherche d’amélioration de qualité des soins auprès du patient lui-même. Pour ce faire, Résodys se devait d’insérer dans son programme " post-FAQSV " un versant diagnostique, tant il est vrai qu’avant même toute discussion sur les méthodes thérapeutiques, c’est sur les moyens d’évaluation des troubles qu’il reste à gagner en efficacité et en homogénéité des pratiques. L’accueil qui sera fait à nos propositions dans ce sens nous dira bientôt si cette vision des choses est partagée par les tutelles administratives. Mais le plus important est certainement de savoir si elle est partagée par les praticiens de terrain eux-mêmes.
L’enjeu étant à terme d’offrir une véritable alternative à une prise en charge hospitalière des cas les plus sévères. Sachez qu’il y a environ dans notre région, selon les estimations actuelles, 3000 enfants sévèrement dyslexiques (ou avec d’autres troubles spécifiques d’apprentissage) dont la gravité du trouble nécessite un regard multidisciplinaire qui, jusqu’à présent, ne pouvait être réalisé que dans de rares endroits comme les services spécialisés du CHU. Ces enfants ne peuvent en effet être cadrés convenablement que si le bilan de l’orthophoniste est complété par un bilan neurospychologique, une évaluation du QI, un bilan psychomoteur complet, un bilan orthoptiste, parfois un avis neurologique ou un examen complémentaire du cerveau, et souvent un avis sur leur personnalité et la nature de leur souffrance affective. Evidemment, tout cela pourrait en théorie être fait en ville par des praticiens libéraux.
Mais, hormis le fait que certains de ces actes sont coûteux, la principale difficulté pour les familles était de trouver les praticiens compétents, ce qui demande déjà une implication telle que seules les plus aisées peuvent y avoir accès. Cette inégalité devant les soins n’est pas tolérable. C’est pourquoi nous avons proposé à l’URCAM et à l’ARH un projet de prise en charge globale des bilans pour ces cas très sévères, ne représentant, encore une fois, qu’une minorité des dyslexiques, mais qui, jusqu’ici, étaient laissés pour compte, malgré toute la bonne volonté de leur orthophoniste souvent dépassée par la complexité du cas. Cette enveloppe financière comprendrait la prise en charge des actes de psychomotricité et de psychologie, l’organisation de centres de bilans avec un secrétariat, un dossier type, le financement des réunions de synthèse et surtout un système de filtrage des cas passant essentiellement par l’information des praticiens libéraux. La réponse mi-décembre : d’ici là, les réunions vont bon train, les discussions aussi, car chacun exprime ses craintes légitimes face à une réalisation expérimentale qui n’a pas d’équivalent ailleurs en France. Du reste, les collègues des autres villes attendent avec impatience de pouvoir bénéficier de notre expérience. Espérons qu’ils ne seront pas déçus !

M.H.

 
 

 
 

 
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