Réseau régional
Troubles du langage et déficits d'apprentissage

Editorial

Cette newsletter, avec laquelle les abonnés, qu’ils soient du milieu médical, éducatif ou universitaire, sont à présent familiers, connaît un grand succès puisque les deux précédents numéros ont été consultés chacun par près de 700 lecteurs.
La raison en est sans doute qu’au-delà des professionnels directement intéressés par la problématique des troubles d’apprentissage, les particuliers, eux aussi, découvrent qu’ils sont peut-être concernés par un problème qui touche plus de 10% de la population, et qui, surtout dans les milieux relativement aisés, a tendance à être sous-diagnostiqué. Pourtant, même chez les adolescents et adultes qui ont réussi leur scolarité, la dyslexie, qu’elle ait ou non été décelée, peut être responsable de souffrance psychique et de perte de chance pour l’avenir socio-professionnel. C’est le cas, par exemple, de certains étudiants d’université qui commencent à réaliser que leur différence, souvent vécue comme telle de longue date, réalise en fait un véritable handicap, en général méconnu des enseignants, voire de leurs parents. Les progrès de la rééducation, du dépistage et de la reconnaissance du trouble en milieu scolaire, font que de plus en plus d’élèves dyslexiques parviennent à entrer en université. Mais dès lors, les efforts démesurés fournis jusque là pour assurer le passage d’année en année, au collège, puis au lycée, deviennent brutalement inopérants dès l’entrée en université, où plus aucune mesure d’adaptation ou d’aménagement n’est généralement prévue. Un article de cette newsletter fait le point et envisage quelques perspectives.

Et si vous étiez dyscalculique ? Cela est peut-être plus rare dans les milieux scientifiques, mais nombre de professionnels chevronnés, ayant obtenu leurs diplômes parfois avec brio, sont en fait d’authentiques dyscalculiques, en ce que leur système cognitif présente depuis toujours une incapacité fondamentale avec « l’intuition numérique », qui n’a rien à voir avec l’apprentissage des tables ou la mémoire des nombres qui peuvent être strictement intacts. Le défaut constitutionnel d’intuition numérique interfère en fait avec les premiers apprentissages, dès lors qu’il s’agit par exemple de comparer deux quantités, ou de se figurer mentalement la quantité que représente un nombre donné, une date, une mesure, un poids, une longueur, une durée…., ce qui se répercute ensuite sur le développement des aptitudes mathématiques et peut laisser des séquelles très gênantes, voire franchement invalidantes à l’âge adulte. La dyscalculie a fait l’objet récemment d’une mise au point consignée dans un ouvrage qui fera date dans le domaine et dont nous reproduisons l’avant propos dans cette lettre.

Un sujet d’actualité brûlante est également abordé dans ces lignes : l’avenir des centres de référence des troubles du langage et des apprentissages. Résodys a récemment présenté un projet d’extension du centre référent de Marseille (voir "la Lettre des Dys" n°2), projet qui peine à voir le jour pour diverses raisons. Nous exposons ici un certain nombre de réflexions générales aux centres référents en essayant de placer en perspective la problématique spécifique du centre référent du CHU de Marseille (CERTA) qui a été le premier en France à s’adjoindre les service d’un réseau de santé officiel.

Enfin, nous retournerons avec l’équipe du SESSAD DYS, fer de lance de l’activité de Résodys, qui ce mois-ci nous présentera une activité de groupe proposée récemment aux enfants du SESSAD, et la réflexion qui a mené à la mettre en place.
Alors, bonne lecture, et n’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur cette vaste et passionnante thématique des troubles d’apprentissage !